DESCRIPTIF
La première peinture du groupe 1984 fut réalisée sur un toit en 2001, rue de Bagnolet, dans le 20ème arrondissement à Paris. Un chiffrage lisible. Elle fut la première d'une longue série.
Le but visé était la création d'une entité floue indivisible et anonyme, l'apparition d'une dynamique inhabituelle sur la scène graffiti. Nous voulions croire au collectif plus qu'à l'individuel, jusque dans la réalisation de peintures communes. Nos chiffrages ne seraient jamais signés par leurs auteurs.
Ces quatre chiffres seraient réalisés principalement sur des façades d'immeubles visibles de la rue, de façon à toucher un public le plus large possible. Nous voulions nous défouler de nuit, ignorer les lieux branchés et laisser une trace. Cette trace n'était pas le reflet d'un groupuscule doctrinaire mais d'une idée du collectif.
Le but visé était d'interpeller, de faire lever les yeux, de montrer notre concept. Nous voulions contrecarrer la démarche publicitaire du graffiti, en finir avec les autoportraits alphabétiques et intimer l'idée d'une nécessaire vigilance face aux médias.
A l'origine, 1984 a une référence double. Le livre d'Orwell nous parlait et nous semblait étrangement d'actualité pour un texte publié en 1949. 1984 est également l'année du début du graffiti parisien avec le terrain vague de Stalingrad.
Depuis une décennie le groupe s'élargit. Les peintures de chacun sont signées et estampillées 1984, révélant progressivement les acteurs anonymes jusque là. Les pratiques individuelles prennent le dessus, se mêlant souvent les unes aux autres. Le collectif comporte des membres aux pratiques variées: de la sculpture sur bois à la vidéo, de la joaillerie à la sérigraphie, mais encore la peinture, la découpe de polystyrène, la photo, le dessin, la gravure, la vidéo: les savoir-faire sont considérables.
Paris, Janvier 2012.
